90 ans, ça se fête ! # 2 : Massilly-Franpac

Célébrer 90 ans d’existence en racontant l’histoire des femmes et des hommes qui ont fait, et font, la belle-iloise. Les rencontrer, les questionner, traverser leur existence. C’est ce que nous vous retranscrivons en images et en mots, pour partager un moment ensemble en cette année-anniversaire.
Pour aujourd’hui, on vous invite à Douarnenez dans l’univers de Massilly-Franpac, partenaire local et historique de la belle-iloise.
Depuis 4 décennies, nos inimitables boîtes colorées sont, en grande partie, fabriquées ici. Alors, en cette année-anniversaire, on s’est dit que ce serait vraiment l’occasion d’aller les visiter et de vous faire découvrir leur savoir-faire. Direction le Finistère-Sud, à moins de 2 heures de route de Quiberon, en compagnie de notre photographe-documentaire préféré, Clément Chapillon.

Le groupe Massilly, entreprise 100% familiale et française, est l’un des leaders mondiaux des emballages en métal. Ayant développé depuis 1911 un précieux savoir-faire en la matière, Massilly possède 25 filiales à l’international, et fabrique boîtes de conserve, capsules à bocaux et coffrets décorés pour les entreprises du monde entier. En Bretagne, Massilly est notamment représentée par la société douarneniste Franpac, spécialiste de la boîte de conserve de poisson depuis 1912.
« C’est aussi une période d’anniversaires pour nous : Massilly a fêté ses 110 ans l'an dernier, et Franpac les fête cette année. Comme la belle-iloise, ce sont de vieilles dames ! », nous glisse Gilles Tourillon, Directeur commercial de Massilly-Franpac, qui nous accueille pour visiter l’usine.
La mission que s’est fixée Massilly est de « protéger, préserver et valoriser les produits de la nature et de ses clients grâce à des emballages métalliques performants, sûrs et recyclables ». À cette fin, l'usine de Douarnenez est structurée en trois ateliers de production : Imprimerie, Boîtes et Fonds.
PRESSE À ESSAIS

Didier Lastennet et Jean-François Lagadec sont Techniciens d'essais et coloristes. Dans leur atelier qui ressemble à celui d’un artiste, trône une presse traditionnelle avec laquelle ils font des essais à la main pour colorer chaque boîte en métal qui sera fabriquée et imprimée. Tels des peintres, ils mélangent les pigments, les encres, et s’appliquent à équilibrer les couleurs. Il s’agit de trouver avec précision la bonne teinte, la nuance idéale pour chaque produit, afin d’illustrer au mieux chacune de nos recettes.




Nuancier Pantone à la main, ils retrouvent à la perfection nos couleurs. À partir de là, ils sortent des échantillons afin de les faire valider. « Ça plait ou ça ne plait pas. Et si ça ne plait pas, on recommence. Mon métier c’est ça. Tant que le client n’a pas accepté sa boîte, validé les tirages, on doit continuer à chercher la couleur idéale. Parfois, il s’agit d’un rien, d’une nuance de couleur très légère » raconte Didier.


PRÉPRESSE
Dans le bureau d’à côté, Thierry Diraison, Responsable prépresse, reçoit les fichiers graphiques envoyés par les conserveries, définit les étapes du processus d'impression, et s’occupe de mettre en œuvre l’ensemble des moyens techniques nécessaires pour imprimer les boîtes à l’échelle industrielle.


Didier, François et Thierry sont tous les trois arrivés en 1985. Ils forment une bonne équipe, « une bande de vieux loustics ! », où règne un véritable esprit fraternel. « La famille Franpac, c’est nous. Dans les années 1980, il y a eu beaucoup d’embauches, toute une génération a débarqué. Le groupe Massilly venait de racheter Franpac, et des investissements avaient été faits. C’est comme ça que nous sommes arrivés tous les trois en même temps, il y a 37 ans ! »
Après avoir assisté à la reproduction manuelle de notre iconique boîte St-Georges, nous avons été rejoints par Valérie Bindschedler, Directrice Marketing de Massilly et arrière-petite-fille du fondateur, Robert Bindschedler. Notre découverte de l’usine s’est poursuivie avec quelques questions, façon interview.

« La société a grandi avec tout le monde ».
Valérie Bindschedler, Directrice Marketing de Massilly et arrière-petite-fille du fondateur.
Comment a commencé l’aventure de Massilly ?
Valérie Bindschedler : Tout a commencé en 1911 lorsque mon arrière-grand-père a acheté un ancien moulin dans le village de Massilly. Il y a installé une batterie de turbines pour produire de l’électricité, et par électrolyse, récupérer l’étain sur des déchets de fer blanc. Nous étions déjà dans la valorisation du recyclage ! Quelques années plus tard, il s’est lancé dans la transformation de fer blanc pour fabriquer des articles ménagers.
Aujourd’hui, sur nos sites de production à la pointe de la technologie, nos équipes s’investissent au quotidien pour fabriquer des emballages métalliques toujours plus légers et sûrs. Chez Massilly, nous sommes convaincus que nos boîtes de conserve disposent d'atouts majeurs pour répondre aux enjeux actuels et construire le monde de demain : nourrir de manière sûre et saine le plus grand nombre, limiter le gaspillage des ressources en facilitant la conservation et protégeant les produits, préserver notre planète pour les générations futures grâce à une capacité de recyclage à l’infini du métal. Peu de gens sont pleinement conscients des forces de la boîte de conserve. C'est un emballage d'avenir et nous pouvons en être fiers !
L'IMPRIMERIE



Qu’est-ce qui caractérise l’entreprise Massilly ?
Gilles Tourillon : Nous sommes un peu à part par rapport à nos grands confrères de l’emballage. Massilly reste une entreprise familiale où l’on place le bien-être de nos collaborateurs au même niveau que la satisfaction de nos clients. On n’est pas arcbouté sur le résultat, adossé comme nos concurrents à des fonds de pension… Et je pense que c’est une grande chance, la démarche n’est pas du tout la même. Nous voulons participer à la construction d’un monde plus durable, et tous les projets passent au crible de la RSE. Nous avons une véritable philosophie d’entrepreneuriat, on investit, et notre objectif est d’avoir des activités les moins impactantes possibles dans tous les domaines. Nous voulons apporter des solutions, imaginer des synergies entre sociétés, pour agir ensemble et être plus efficace. Il y a plein de choses à penser. Nous sommes sur des produits recyclables à l’infini, c’est une vraie force, mais il faut encore aller au-delà.




Pour vous, la conserve c'est un produit d'avenir, un produit du 21e siècle ?
Thierry Diraison : On a vu avec les évènements que la conserve a sa place aujourd’hui. Certaines personnes font des réserves, et d’autres, par culture, mangent des conserves au quotidien. C’est un produit qui est sain, dans la mesure où il n’y a pas de conservateurs. La conservation des aliments est obtenue par stérilisation suite à la montée en température de l’emballage, qui détruit tout germe. C’est comme ça que les nutriments sont préservés, sans conservateurs, pendant plusieurs années. En période de chamboulements, c'est donc une valeur sûre, une valeur refuge.
Gilles Tourillon : Ça part sur la Lune, ça part dans l'espace… Il y a des conserves qui sont parties avec Thomas Pesquet ! La conserve a accompagné, et accompagne encore les grandes découvertes. Sans elle, les gens n’auraient pas pu partir explorer le monde comme ça. Donc bien sûr, c’est un produit d’avenir. Et, en plus, c’est recyclable à 100%, à l’infini. Les métaux sont des matériaux remarquables, et la conserve ne nécessite pas d’énergie pour la stocker. En cas de problèmes environnementaux, sociaux, ou de conflits comme on voit aujourd’hui, un des premiers reflexes est de faire le plein de conserves. Donc c’est un produit d’avenir, c’est sûr.
Avec la Covid, on a observé une hausse de 8 à 10% des volumes de conserves consommés sur l’année 2020. La consommation à domicile a explosé, parce que, quand il s’agit de faire à manger deux à trois fois par jour, c’est quand-même bien pratique de pouvoir ouvrir des boîtes pour s'assurer des repas équilibrés. Donc la conserve a connu un grand boom, que ce soit pour le poisson, les plats cuisinés ou même les légumes.
Avec le temps, les recettes se sont améliorées, elles sont de plus en plus élaborées. La R&D dans le domaine de la conserve est assez énorme. Un nombre impressionnant de nouvelles recettes se sont développées, ce qui créé un véritable dynamisme autour de la conserve, c’est très net. Je suis sûr que la conserve a de beaux jours devant elle. Mais c’est comme tout produit, il faut de l’exigence, des ingrédients de qualité, des belles préparations pour que les gens soient au rendez-vous.
ATELIER FONDS



Et au sujet de la Bretagne, il y a un attachement de l’entreprise à la terre ?
Gilles Tourillon : Alors pour Franpac il n'y a même pas photo, on est à Douarnenez tout de même ! Et le groupe Massilly est bourguignon, le siège est toujours en Bourgogne, dans le village de Massilly, là où il y a encore l’usine historique. Il y a un vrai attachement aux différentes régions où sont implantées les différents sites. Notre volonté est de nous implanter au mieux dans les territoires pour avoir un impact positif dessus.
C’est quoi être breton ?
Gilles Tourillon : Alors moi je viens de Nantes mais je crois que je suis devenu un vrai breton avec les années. C’est incontournable l’art de vivre breton. Le courage, l’esprit travailleur sont très forts ici. Mais il faut demander l’avis aux bretons pur beurre, comme Didier.
Didier Lastennet : Il n'y a pas plus accueillants que les bretons. (rires)
Thierry Diraison : Les bretons sont des gens ancrés dans leur territoire et des gens de parole. Une fois qu’ils ont donné leur confiance, ils s’y tiennent. Il y a de l’honnêteté, de la droiture. Même si la première approche n’est pas toujours évidente, parfois rugueuse, une fois que le contact est fait, c’est à la vie.

ATELIERS BOITES

Une question pour Gilles, vous travaillez chez Franpac depuis 1992, comment allez-vous fêter vos 30 ans dans l’entreprise, c’est quoi un bon anniversaire ?
Oh, on va ouvrir des boîtes la belle-iloise (rires). Je ne vais pas être très objectif, mais les tartinables la belle-iloise à l’apéro, j’en raffole ! Tous les thons et maquereaux sur toasts sont extraordinaires, à la maison c’est notre plaisir du dimanche. Quand on reçoit des amis, on en fait systématiquement, et je peux vous dire qu’on fait des émules ! Rien qu’une sardine la belle-iloise coupée en deux en filet, mise sur un toast, et je suis en larmes !

En voyant toute l’expertise que demande la fabrication d’une boîte de conserve, l’investissement des équipes que cela représente, on comprend pourquoi elle a traversé les âges depuis son invention en 1795 par le français Nicolas Appert. Et surtout, on se dit qu’à l’avenir, après en avoir dégusté une, on y réfléchira à deux fois avant de la jeter… Pour lui assurer encore une très longue de vie, on veillera à bien la recycler, ou alors lui trouver une nouvelle utilité !
Un grand merci à Gilles Tourillon, Thierry Diraison, Didier Lastennet, Jean-François Lagadec, Marie-France Le Bris, Cédric Massart et Valérie Bindschedler, pour leur chaleureux accueil.
